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Top départ de Leucate : une étape décisive vers Porquerolles

par Quentin Mayerat
 
Départ cet après-midi à 15h00 de la deuxième étape hauturière entre Port Leucate (Aude) et Porquerolles (Var). Une étape à haut risque et à fort enjeu avec la Tramontane en ouverture et une arrivée espérée mercredi après-midi en baie de Hyères.

Les 16 navigateurs solitaires de la GENERALI SOLO ont franchi aujourd’hui avec une précision toute militaire, à 15 heures tapantes, la ligne de départ de la deuxième course hauturière, une longue traversée du golfe du Lion depuis les premiers contreforts des Pyrénées, jusqu’aux confins des rivages Varois. Une étape dont l’arrivée sera jugée en rade de Porquerolles, mercredi après-midi espère-t-on. Les Figaro Bénéteau ont cependant tenu à assurer le spectacle le long de la plage de Leucate, à la faveur d’un bord de dégagement qui leur a permis de revenir sous spi et à pleine vitesse vers la fameuse Estacade. Et puisque à tout seigneur reviennent les honneurs, c’est au vainqueur du Grand Prix de Leucate Eric Péron (Macif 2009) qu’a échu le privilège d’ouvrir la route vers la bouée de la Franqui sous le cap Leucate, prélude à une descente vers Banyuls et la marque de Peyrefite.

Coefficient 3

C’est bien une étape de tous les contrastes qui attend les navigateurs de la GENERALI SOLO. Une étape aux multiples facettes météo qui recèle probablement dans son issue le podium final de l’épreuve. Les coureurs en étaient ce matin persuadés ; pas le droit à l’erreur à Porquerolles. Cette étape jouit en effet d’un coefficient 3, et les parcours programmés à Porquerolles ne laisseront que peu d’opportunités aux malchanceux de se refaire. Dans l’attente d’un nouvel épisode de puissante Tramontane annoncé pour 23 heures ce soir sur le golfe du Lion, les Figaro Bénéteau se sont ainsi élancés à la faveur d’une petite brise thermique activée sur zone par un chaud soleil. 6 à 7 noeuds de vent sur la ligne, 10-12 noeuds quelques milles plus au nord sous le cap Leucate. Les sol! itaires désormais bien installés dans leur routine des procédures de départ, s’alignaient avec plus ou moins de sagesse en bout de ligne pour un départ en bon ordre à peine perturbé par les velléités d’un Laurent Pellecuer (L’Option Sud ; club de partenaires) de s’immiscer bâbord amure dans un trou de souris. Peine perdue, le portillon se refermait et l’intrépide Laurent en était quitte pour un 360° réparateur. Morgan Lagravière, très en jambe dans les phases de contact, prenait le meilleur sur la flotte dès le départ, avant de céder le commandement à Eric Péron (Macif 2009) au début du premier bord de portant, et de frôler carrément la correctionnelle sous le cap Leucate quant un empannage manqué le reléguait immédiatement en queue de peloton. L’expériment&eac! ute; Gildas Morvan (Cercle Vert) a saisi toute l’importance de cette manche. Il s’accrochait au tableau arrière d’un Nicolas Lunven lui aussi bien décidé à empoigner pleinement sa chance d’ici à Porquerolles, pour ouvrir d’un joli pas de deux, la voie vers le Canigou et les Pyrénées noyés sous les orages.

La brise avant le calme

La Tramontane va dès ce soir rattraper les solitaires. Elle va les accompagner toute la nuit et jusqu’au petit matin de ses rafales estimées à près de 30 noeuds. Peu de répit en perspective donc pour les Figaro Bénéteau. Les marins savent aussi qu’arrivés à la latitude de Marseille, ils sortiront de la zone d’influence de ce vent de nord ouest pour subir les caprices d’une dépression calée sur le golfe de Gènes. A une première zone de transition peu ventée succédera aux abords des îles d’Hyères des régimes instables de secteur nord-est ou sud-est. Les concurrents doivent, selon les instructions de course, laisser l’île de Port Cros à tribord. C’est donc au plus près des rivages Varois qu’ils progresseront demain toute la journée vers Fréjus et le Lion de Mer. Une perspect! ive qui réjouit les Méditerranéens familiers du coin, Matthieu Girolet ou Jean-Paul Mouren en tête. Le retour vers Porquerolles s’effectuera dans la matinée de mercredi aux allures portantes dans un secteur de vent envisagé au nord est.

Prime de risque

Du leader du classement général Gildas Morvan au mal classé Jean-Paul Mouren (M@rseillEntreprise), chaque solitaire entend profiter de cette longue étape de type Solitaire du Figaro pour jouer son va tout. « C’est le moment ou jamais d’être téméraire » lâchait Eric Drouglazet. « Ca passe ou ça casse », tel est ce soir l’adage obsédant qui tourne en boucle dans la tête des solitaires de la GENERALI SOLO.

Le parcours Leucate-Porquerolles (260 milles)

– Estacade de Leucate

– Bouée la Franqui dans l’est de Leucate

– Bouée spéciale Cap de Peyrefite (Banyuls)

– Ile de Port Cros à tribord

– Lion de Mer

– Arrivée en rade de Porquerolles, mercredi dans l’après-midi…

Qui êtes-vous Matthieu Girolet ?

D’un sport de loisir, il a fait de la voile son métier. Son apprentissage, c’est au large qu’il l’a effectué, au sein de l’extrêmiste Classe 6,50. Il s’exerce depuis 2008 au Figaro Bénéteau en solitaire. Titulaire d’un DEA de droit, il cache derrière un physique de viking un esprit en perpétuelle réflexion, sur son métier, mais aussi sur ses à côtés indissociables liés à la quête des finances et à la communication. Un domaine dans lequel il excelle, sachant à loisir claquer des mots sur d’indicibles sensations de marins.

– Son meilleur souvenir sportif personnel : « les longs surfs en Mini 6,50 lors de la première étape de la Transat 6,50 en 2007. »

– Son plus grand moment de voile : « Des marins comme Cammas, Joyon et peut-être surtout Coville pour son abnégation… »

– Le sport qu’il admire le plus : « La montagne, l’escalade ; comme la voile des sports sans compromissions… »

La Météo selon Cyril Duchêne de Météo Consult :

Le départ devrait s’effectuer sous l’influence de brises thermiques. La brise thermique nait d’un gradient de température entre la terre et l’eau dont l’inertie est plus importante. Durant la journée, la terre chauffe rapidement au soleil et emmagasine des calories : l’air se déplace donc du large où il est plus frais, vers la terre.

A partir de 23 heures, la Tramontane se réinstalle sur tout le golfe du Lion, soufflant Force 5 soit 20 nœuds et plus, avec des rafales à 25 nœuds.

La dépression en développement dans le golfe de Gènes va briser ce flux de Nord Ouest aux environs de La Ciotat. Un vent de secteur nord s’installe sur zone, peu virulent.

Ils ont dit :
Matthieu Girolet, Défi Voile Entreprises) :

« Ce parcours me ramène chez moi. J’ai en effet grandi dans le Var. C’est une belle opportunité pour me refaire au classement général, car je connais bien les rivages Varois. J’ai connu une semaine difficile à Leucate et c’est avec plaisir que je vais retrouver le large et le vrai solitaire. Je ne suis pas issu de l’Olympisme, mais de la Mini 6,50 et le large, le solitaire sont mes vrais moteurs dans ce métier… »

Damien Guillou, (La solidarité Mutualiste) :

« Ce Grand Prix de Leucate a été un peu plus difficile pour moi. On a eu beaucoup de vent et j’ai connu quelques soucis techniques sur mon bateau. Mon résultat est moins bien qu’à Marseille. Tout est à présent rentré dans l’ordre sur le bateau et je suis prêt pour la longue étape vers Porquerolles. Une jolie étape arrive, intéressante météorologiquement, avec du large et du côtier. Cette étape est super importante, coefficient 3, et on aura à Porquerolles une vue beaucoup plus clair sur le général… »

Eric Drouglazet (Luisina) :

« Une semaine à Leucate somme toute positive pour moi. Je reviens bien au classement général et je termine 3ème du Grand Prix de Leucate. Nous passons aujourd’hui sans transition vers un long parcours. Il va falloir savoir quand et où prendre des risques, être inspiré dans la brise, pour se placer intelligemment quand le vent va tomber en approche des côtes du Var. Il faudra alors prier la bonne mère pour se trouver au bon endroit… »

Laurent Pellecuer (L’Option Sud ; club de partenaires) :

« De la Tramontane dans tout le golfe du lion, de quoi traverser assez facilement. Plus compliqué ensuite quand on va s’approcher de la Provence. Il faudra jouer alors avec les pointes, les caps et toutes les brises thermiques. Plutôt beau et sympa. Bonheur de naviguer sur mer plate tout le périple. Je suis irrégulier depuis le départ, c’est là une de mes caractéristiques. L’intérêt, c’est que dans l’irrégularité, il y a parfois de grosses performances. Je n’aimerais pas la régularité, j’aurais l’impression de ne rien réussir… »

Jean-Paul Mouren (M@rseillEntrprise) :

« Avec mes 25 ans de Figaro, je connais en effet cette Méditerranée comme mon jardin. Je vais aller d’un jardin à un autre jardin, en passant par le corridor du Golfe du Lion. Nous allons rallier vite la Côte d’Azur et c’est là que les choses vont se compliquer. On va essayer de dormir cette nuit quand il y aura du vent. Dans le petit temps, on sera aux aguets. Cette fin de parcours évoque de belles images de Nioulargue et de Voiles de saint Tropez. C’est un jardin d’enfant très courtisé qu’il faut apprendre à préserver… »

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